Hergnies

L
E


J
A
R
D

Le canal du JARD


Historique
Travaux 2005


Historique

Depuis des temps immémoriaux l'Escaut étend ses méandres dans la région, ses nombreuses crues déposent des alluvions propices à la culture.
L'homme a tenté de valoriser ces terres fertiles près de la rivière en les cultivant. Ces projets ont été fréquemment ruinés par des inondations qui laissairent sous l'eau, pendant de longs mois, terres et récoltes et rendirent le milieu de vie particulièrement malsain. Fièvres et épidémies sont alors au rendez-vous (scorbut, choléra etc.).

Dès lors des fossés sont creusés, un vaste réseau de drainage est mis en place. Dès 1538 le fossé de Condé, appelé Jard, rejette son eau dans l'Escaut, ce dispositif n'est toutefois pas suffisant car les rejets d'eau s'effectuent trop en amont de l'Escaut.

Un projet d'amélioration du tirant d'eau de l'Escaut vient aggraver la situation car la solution mise en œuvre ne fait pas appel au creusement du lit de la rivière mais à l'utilisation d'écluses qui retiennent un plus gros volume d'eau ...
Par ailleurs une tentative d'amélioration du débit de l'Escaut au travers de son redressement est pratiquée en amont de la Belgique, la situation s'aggrave encore car il eut fallut commencer par l'aval puis remonter progressivement vers l'amont ...

Finalement le fossé initial de Condé va être canalisé en 1773, ses eaux rejoignaient alors l'Escaut à la hauteur de l'actuel pont des Rignains, c'est depuis lors qu'il pris le nom de "canal du Jard", il fut prolongé après 1775 jusqu'au lieu dit "la Boucaude", et plus tard jusquà la hauteur de l'écluse de Rodignies.

Des travaux de creusement de l'Escaut améliorèrent ensuite le tirant d'eau et son débit mettant définitivement au sec la région de Condé.

L'affaissement minier qui a donné naissance à l'étang d'Amaury a englouti une partie du canal du Jard, les eaux de ce canal alimentent aussi des remparts de Condé sur Escaut.


L'étang d'Amaury

Le pont des Rignains

Pont sur le Jard
en contre bas
du pont sur l'Escaut

L'Escaut

Passerelle sur le Jard
à l'arrière de l'église d'Hergnies

Le Jard vu de la passerelle
 


Travaux de redressement de l'Escaut

 
Travaux 2005 :

Un projet de désenvasement du canal du Jard, qui à démarré il y a une quinzaine d’années, voit le jour en 2005. Il doit se terminer début 2006 pour un coût avoisinant les 2,9 millions d’Euros HT.

A financer : 2855350 € HT

Agence de l'eau : 38 %
Direction régionale de l'environnement : 40 %
Conseil général : 17 %
Valenciennes métropole : 5 %


Le financement du projet

Le curage du jard par aspiro-dragage concerne un tronçon situé entre Chabeau Latour et l’Etang D’Amaury sur le secteur de Condé, Vieux-Condé, puis un autre entre cet étang et en direction de l’écluse de Rodignies, sur les secteurs d'Hergnies et de Flines-les-Mortagnes.

Une petite drague est équipée de 200 m de tuyaux flottants qui lui permettent de se déplacer, des tuyaux rigides submergés transportent les eaux chargées de vase vers la zone de décantation, la longueur maxi de cette partie rigide n’excède pas 5,7 km de conduites ce qui constitue une grande distance de refoulement des matériaux. C’est la raison pour laquelle une station relais a été installé au niveau du pont Joly pour permettre le refoulement jusqu’au bassin de décantation. Des soupapes permettent d’évacuer l’air qui pourrait être présent dans les tuyaux, afin d’éviter une remontée des conduites rigides immergées.


La drague

Les tuyaux flottants

La drague

Conduite rigide

La station relais

La drague 425 (425 CV) est capable de prélever 700 m3 de matériaux par heure. Un treuil permet le déplacement de la drague, un mouvement latéral permet de traiter la largeur du canal et d’avancer progressivement, cette opération est appelée « papillonnage ».

 
Câble et poulie permettant à la
drague de se mouvoir via un treuil
 

Les détritus tels que machine à laver ou autre caddy découverts lors de l’opération de dragage sont éliminés au fur et à mesure de leur découverte.


La benne à détritus

Une zone de décantation et de finition est aménagée sur un ancien espace de dépôt des voies navigables situé sur la commune d’Hergnies, entre le Jard et l’Escaut, à la hauteur du pont de Pierre.

 
Le bassin de décantation

Le bassin de finition

Les bassins de décantation et de finition sont rendus imperméables sur les côtés et dans le fond par la mise en place d’une membrane étanche.

Un procédé très efficace de séparation des sédiments de l’eau, foculation, permet de décanter très rapidement les eaux dans l’espace de décantation puis, après passage par un bassin de finition qui joue aussi le rôle d’espace de confinement éventuel, les eaux épurées sont rejetées dans l’Escaut.
Cette technique très performante de foculation en ligne permet de réduire de moitié la surface nécessaire à la décantation et autorise un rejet rapide des eaux épurées.
Le procédé utilisé fait appel à des produit biodégradables en 24 heures. Un contrôle fréquent de l’état des eaux rejetées (métaux lourds et polluants organiques) est pratiqué sur place.


Le piquage permet d'introduire
les produits de foculation

Rejet de l'eau épurée
dans l'Escaut

J. Schneider, Maire d'Hergnies,
en visite sur le site.

Le bassin de décantation d’une surface de 3 hectares est conçu pour absorber 60000 m3 de matériaux « durs » (sans eau).


Arrivée des eaux

chargées.

Matières en suspension

Des barrages flottants sont chargés d’éliminer les polluant à base d’hydrocarbures.


Les barages

flottants

A la fin de l’opération de réhabilitation du Jard, les boues polluées, accumulées dans le bassin de décantation, seront intégrées dans un sarcophage étanche (couverture du bassin par une bâche étanche). L’ensemble sera alors recouvert de terre végétale pour former un dôme qui sera planté en herbacées, une plantation arbustive d’essences adaptées aux milieux humides sera implanté en périphérie.

Par ailleurs :

Les berges du jard seront requalifiées : tunage bois et enrochement.

L’écluse de Rodignies sera équipée d’un clapet à lame déversante et d’une passe à poissons.

Les passerelles pour piétons « pont de Pierre » et « Dupriez  » sont réhabilitées. Voici quelques photo de ces passerelles prise en mars 2006.

Passerelle de la rue du pont de Pierre

Vous pouvez emprunter ces passerelles en suivant notre courte ballade au bord de l'eau.

 

Passerelle Dupriez

Vue sur l'arrière de l'église

Vue sur l'arrière du Relais

Sentier bordé de vieux saules têtards

Le procédé de traitement du bois utilisé pour la construction des passerelles fait appel à une technologie qui respecte l'environnement : l'oléothermie.

Ce nouveau procédé mis au point par le CIRAD Forêt se substitue aux traitements chimiques habituels. Il constitue une alternative peu coûteuse. Il consiste à plonger les pièces de bois dans deux bains d'huile successifs. Le premier est comprarable à une friteuse, il est maintenu à 130 - 210 °C est permet de chauffer le bois et d'en réduire le taux d'humidité, un transfert rapide vers le deuxième bain (10 à 90 °C) permet d'imprègner le bois avec l'huile de traitement qui s'y trouve (huile lin, colza ou arachide). Les huiles utilisées peuvent provenir des industries agroalimentaires : huiles de friture ou constituer un débouché pour les sous-produits des huileries.

Ainsi traité, le bois conserve son aspect naturel et résiste bien aux intempéries.

Dernière mise à jour le mardi 21 mars 2006 20:26